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  • Interview Daniel Lucarini

    Interview Daniel Lucarini

    12/01/2012

    Le grand public ne vous connaît pas. Quel a été votre parcours ?

    Je suis comédien, musicien et coach vocal. Je collabore avec des artistes sur leurs albums, comme Cyril Mokaiesh, Ed Ake... J'ai notamment coaché Marion Cotillard lorsqu'elle préparait
    « La Môme » et François-Xavier Demaison pour son interprétation de Coluche dans le film d'Antoine de Caunes. En mars sortira le biopic sur Clolo avec Jérémie Rénier dans le rôle-titre.
    J'étais à ses côtés du début à la fin du tournage pour lui apprendre à chanter et l'aider à se
    mettre dans la peau du personnage.

    En travaillant sur ce film, vous vous êtes donc immergé dans l'univers de Claude François. Qu'avez-vous découvert ?

    J'ai d'abord découvert que c'était un musicien hors pair. C'était un fou de jazz et de rythm and blues. Du coup, je me suis demandé s'il n'avait pas fait sa carrière à côté de ce qu'il aimait vraiment. J'ai clairement le sentiment qu'il a fait des concessions sur sa musique. Je crois qu'il sentait ce qui allait plaire au public et il est allé dans ce sens parce qu'il avait ce culte de l'image comme s'il jouait un personnage en permanence.

    Artistiquement, quelles étaient ses particularités ?

    Un sens du rythme incroyable, il plaçait ses paroles comme des solos de batterie... Une patate hors norme ! Il ne s'aimait pas, il se trouvait trop petit, les jambes arquées, avec une voix de canard... C'était pourtant sa
    force ! Il avait sûrement une gorge un peu rétrécie, c'est ce qui donnait cette impression de voix nasale. Sa signature vocale est liée à son physique pourtant quand il chantait du jazz, sa voix était méconnaissable.

    Sur quels critères avez-vous jugé les candidats de « À la recherche du nouveau Claude François et ses Clodettes » ?

    Principalement sur la sincérité qui se dégageait. À l'imitation, on a toujours privilégié l'évocation parce que c'est plus créatif. Il nous a parfois fallu déceler le talent sous les perruques et les tonnes de paillettes. On voulait quelqu'un capable de l'évoquer et de lui rendre hommage le mieux possible. Un créateur, pas un imitateur...

    Quels regards portez-vous sur ces candidats un peu caricaturaux persuadés de leur talent ?

    Il y avait ceux qui venaient dans le seul but de passer à la télé ce qui avait le don de m'énerver. Pour les autres, on a toujours voulu porter sur eux un regard bienveillant parce que ce sont des gens sincères dans leur passion.

    Comment expliquez-vous que Claude François bénéficie 34 ans après sa mort, d'un tel engouement ?

    C'est fou. Personne ne se l'explique vraiment. Ce dont on est sûr c'est que c'était un vrai showman et un précurseur. On n'a plus jamais connu d'équivalent depuis.


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